
"Il faut souffrir pour être belle" - En voilà une expression que l'on nous a rabachée à nous, alors que nous étions encore des fillettes avec les dents de travers et les lunettes à double foyer.
Mais bon, bien sûr, il faut passer par la douleur et les pires maux pour obtenir des résultats convenables. Je veux dire 'physiquement' parlant.
Mais bon, bien sûr, il faut passer par la douleur et les pires maux pour obtenir des résultats convenables. Je veux dire 'physiquement' parlant.
Je ne parle pas d'une histoire de régime (cela va de soi) mais de l'épopée fantastique des "soldes". Ce mot devient d'ailleurs tellement galvaudé, et synonyme de douleur que je finirai presque par croire que c'est une insulte. Parce que oui, comme ça là, tout de suite, je veux bien imaginer que mon récit ait l'air un tant soit peu décousu.Mais non, vous allez voir.
Doit-on mettre sa vie en péril pour avoir une garde-robe digne de ce nom?
Alors oui, c'est la crise.
Alors oui, c'est la crise.
(je le dis parce que, pareil, c'est LE mot à la mode. Et vu qu'on parle de mode sur ce blog, je pensais que ce serait de bon ton, de refaire la quotidienne piqure de rappel sur ce phénomène médiatique, le pouvoir d'achat, la quête de l'€ et tout le tintouin)
L'aubaine est là...on a vraiment de la chance, nous étudiantes. Non seulement on peut se targuer d'aller Solder pendant nos heures Honnêtement, je ne suis pas effrayée par ces histoires d'attentat, parce qu' en période de soldes, il y a plus de terrorisme dans une horde de modeuses hystériques névrosées que dans 5 pauvres extrêmistes.

Alors il faut user de tactiques, élaborer des techniques diverses lorsque l'ennemie vient lorgner, voire pire, vous arracher des mains, le précieux vêtement que vous êtiez en train -difficilement- d'attraper dans votre taille, habituellement introuvable.
(Parce que quand on a la taille "standard", on se rend vite compte que premiers jours de soldes ou pas, c'est la disette pour trouver vêtement à sa taille ou chaussure à son pied.)
On fait mine de s'en fiche, d'aller regarder ailleurs (histoire d'alpaguer toute la ronde de nénettes aux alentour, afin de faire diversion. Pas folle la gêpe. Parce que c'est bien connu : il suffit qu'on aille là où personne ne va, pour subitement drainer tout le magasin à ce portant précis).
On fait mine de s'en fiche, d'aller regarder ailleurs (histoire d'alpaguer toute la ronde de nénettes aux alentour, afin de faire diversion. Pas folle la gêpe. Parce que c'est bien connu : il suffit qu'on aille là où personne ne va, pour subitement drainer tout le magasin à ce portant précis).
Et puis une fois que l'autre dinde se rend compte que finalement, elle ne peut plus rien accrocher de plus entre ses bras, on se hate d'aller attraper la frusque tant désirée.Bon bien sûr, au début, on trépigne toujours de joie, comme lorsqu'on ouvrait nos Kinder Surprises étant enfant, en retournant l'étiquette et en découvrant ce -"40%". Et puis, bizarrement, on est nettement moins enthousiaste lorsque l'on voit que le prix de départ s'élève à la modique somme de 450€. Proportionnellement parlant, ça le fait à combien d'€ le centimètre de tissu?

Le syndrome de la mule s'empare de chacune de nous, on succombe, on se dit que cette fringue est vraiment difficile à porter mais qu'il nous la faut Absolument. Alors on se charge jusqu'à temps de n'en plus pouvoir, et on file essayer en cabine. [On jouera l'ellipse temporelle à la vue du temps d'attente pour accéder à une cabine lambda]
Un peu plus, et on se croirait dans le dressing de Carrie Bradshaw dans les cabines d'essayage. Et puis on s'inquiète : on calcule frénétiquement à combien s'élèverait la note pour touuutes ces choses si indispensables.
(parce qu'on s'imagine déjà repartir avec, évidemment, quand on n'a pas déjà projetté de les porter le lendemain).

Puis l'impensable se produit : aucune de toutes ces toilettes si formidables ne semble nous sied (pas la bonne taille, une coupe pas si géniale ou un prix trop exorbitant). Mais peu importe, après toutes ces épreuves bravées, on ne peut décemment pas repartir les mains vides.
Alors on sort courageusement de la Tranchée (la cabine) et on part au combat. Avec la ferme intention de trouver La Bonne Affaire.
On fatigue un peu (beaucoup), et puis tous ces panneaux "-50%", "-40%" ou "-30%" qui se trémoussent partout, ça a de quoi rendre épileptique. On se rend compte qu'1h30 de soldes en pleine effervescence, c'est bien pire que 6h de cours.
Mais les soldes, ça a toujours ce côté magique, lorsque l'inattendu se produit. Avec courage, entraînement, stratégie, et sournoiserie (car la Parisienne est maline et maligne), le miracle divin a toutes les chances de se produire.
Une fois que la sélection naturelle a suivie son cours, les émérites se délectent de leur trouvaille d'un sourire espiègle, amusé et follement enjoué. Et c'est avec une robe au style empire en mousseline bleue, plissée, (et à ma taille!), que je repars avec la tête haute, en lançant un dernier regard menaçant aux harpies qui auraient été tentés de me voler ma Précieuse.
Finalement, la geek qui sommeille en moi peut désormais se poser la question de pourquoi user toutes ses ressources psychologiques et physiques alors qu'on aura tout le loisir de passer commande sur topshop (ou ce qui vous plaiera) depuis son canapé et activer toute la commande en un clic?


Illustrations merveilleuses de l'artiste japonais Tadahiro Uesugi



2 commentaires:
La meilleure chose à faire avant les soldes: prendre des cours de boxe pour se défendre! Mine de rien ça sert, quand tu chope une manche et qu'une autre ne veut pas lâcher le reste, alors que tu l'as eu avant faut se défendre hein! Le pire c'est qu'il était pas à ma taille :'(
Ce que tu décris là m'est totalement inconnu! Si c'est aussi dingue que cela, je comprends mieux pourquoi j'évite les premiers jours des soldes! Ces illustrations sont effectivement merveilleuses. Un Kiraz japonais...
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